PAROLES

| REPOSE EN PAIX |

LA TËTE DANS LE CUL

Quand chacun s’en retourne le soir 
Dans le calme plate des villes dortoirs 
Comme à la morgue : chacun son tiroir 
Allez bonne nuit dormez tranquilles 
Oubliez tout, c’est plus facile 
Rêvez toujours mais c’est inutile 

Réveille-toi ( bis ) 

La tête dans le cul, dans' marde jusqu’au cou 
Faites la sourde oreille quand tout s’effondre autour de nous 
La tête dans le cul, tout le monde s’en fout 

Bien au chaud dans ta nécropole 
«Quand on se compare on se console» 
On se contente, moi ça me désole 
Mets de l’eau dans mon vin pour pas te mouiller 
Un peu de cognac dans ton café 
Demain à la job pour oublier 

J’aimerais bien réussir à me réveiller 
Que quelqu’un me décolle de cet oreiller 
Le monde fait tout pour m’étouffer 
Me maintenir toujours en apnée 
J’ai la tête dans le sable six pieds sous terre 
La tête dans le sable, six pieds sous terre 

J’ai la tête dans le cul à te voir dans ton trou
Fais la sourde oreille mais moi j’aime mieux me tenir debout
La tête dans le cul, tout le monde s’en fout.

À LA VIE COMME À LA GUERRE

Une nouvelle politique, un nouveau coup de pelle en pleine face 
Ça vient d’en haut, ça nous crisse au plancher 
Toujours les mêmes qui encaissent, toujours les mêmes qui passent au cash 
Les coups font mal sous le seuil d’la pauvreté 

Refusons d’se laisser faire 
On en a assez 
À la vie comme à la guerre 
On va riposter 
Refusons d’se laisser faire 
On en a assez 
La lutte est pas terminée 

À nouveau ils passent à l’attaque 
Ils distribuent les claques pis les coupures 
Même si on tient notre bout, même si on se tient debout quand ils frappent 
Leurs décisions fessent en-dessous de la ceinture! 
Vous gouvernez, par sommation, contre la population 
Vous nourrissez, notre aversion, avec vos bâillons 
Malgré les lois spéciales, malgré les tractations, le copinage, les passe-passes, les crosses, les coups de Jarnac. 

JÉSUS BEN LADDEN

Un pas devant, deux pas en arrière 
Ramenons l’humain à l’âge de pierre 
Que nos vies deviennent plates autant que la Terre 
Promets le ciel, fais vivre l’enfer 
Dictons, dictons l’interdiction 
La morale et non la raison 
Que les majeurs soient mis à l’index 
S’ils se dressent en opposition 

Si Dieu existe vraiment, dis-moi 
Penses-tu qu’il est d’accord avec toi? 
Si Dieu existe vraiment je crois 
Que c’est en enfer que tu t’en vas 

Prenez au mot les métaphores 
Endormez par vos concertos 
D’oraisons éjaculatoires 
Qui pénètrent et violent le cerveau 
Mais quand il est mercantile 
L’intégriste perd son évangile 
Manifestement le manifeste ment 
La haine s’y manifeste. 

L'ÉDEN DES CENNES

Gros cash, gros artifices 
Ça joue à cache-cache avec le FISC 
L’action se déroule en coulisses 
Y s’en mettent plein les poches 
Ching-ching les bénéfices 
Ça fait des passe-passes, ça prône le vice 
N’importe quoi pour se mettre riche 
Toujours plus dans leurs poches 

Au paradis fiscal 
On refuse jamais un escroc 
Peu importe le scandale 
Au paradis fiscal 
Tout le monde a son p’tit numéro 
Pour laver ses mains sales 

Blanchir les VIP 
Qui font du cash, cash au paradis 
Les preuves s’effacent comme par magie 
Rien dans les mains, rien dans les poches! 
Crosse, crosse, à coup de millions 
Ça graisse une patte par-ci, par-là ça bute un pion 
Mensonge et manipulation 
Y s’en mettent plein les poches 

Au paradis fiscal 
On refuse jamais un escroc 
Peu importe le scandale 
Au paradis fiscal 
On se distribue des tapes dans le dos 
Pour laver nos mains sales : « Bravo pour vos mains sales! » 

Bandits bénis des dieux, l’argent coule à flot 
À l’abri, loin des yeux dans un compte à numéros 
Les milliards disparaissent pour de bon! ( bis ) 

CARBONE 14

Des fois, ça m’arrive d’y penser 
À la face que tout le monde va faire 
Un beau matin en l’An 20 000 
Quand y vont trouver mon fossile 

Pis quand ça m’arrive d’y penser 
J’me vois étendu dans’ poussière 
Parmi les cercueils en acier 
Des tonnes de chars fossilisés 
La ruine des années pétrolières 

Elle aura tellement changé notre planète 
Y’aura fait chaud, y’aura fait frette 
Elle aura tellement changé notre planète 
Ça fera longtemps qu’y m’auront oublié 

Avec le temps ils auront vu 
Des horreurs qu’on ne comptera plus 
Un Tchernobyl dans toutes les villes 
10 000 ans d’hivers nucléaires 
Hiroshima, mais puissance 1000 
Qui aura fait sauter la Terre 

Ils vont retourner mes os dans tous les sens 
Au nom du futur, ils voudront comprendre 
Les espoirs déchus du passé 
Les pires échecs de la modernité 

Elle aura tellement changé notre planète 
Y’aura fait chaud, y’aura fait frette 
Elle aura tellement changé notre planète 
Je raconterai notre époque oubliée 

C’est trop facile d’imaginer 
Les traces qu’on va laisser derrière 
Ça fait que j’peux pas m’empêcher de penser 
À la face que tout le monde va faire 
Un beau matin en l’an 20 000 
Si jamais on trouve mon fossile. 

5 PIASTRES

Y’était 9h un soir au mois d’octobre 
S’a rue St-Jean, coin Ste-Marie 
Je m’en allais dans un pub rejoindre des chums 
Y’a une femme qui m’accroche pis qui me dit : 
« ‘Scusez-moi m’sieur, je veux pas pleurer 
Je le sais que les hommes aiment pas ça 
J’suis vraiment désolée 
Mais j’ai pas l’habitude de quêter 
Sauf qu’y’a mon loyer qui est dû 
Pis mon chèque qui rentre juste jeudi 
C’t’humiliant mais j’ai faim 
Regardez, j’en tremble des mains 
Vous auriez pas un p’tit peu de change pour toffer jusqu’à demain? » 

J’ai mal au coeur sur la main 
J’aurais aimé ça pouvoir t’aider 
Mais le 5 piastres qu’il me reste dans les poches 
Y’a encore une semaine à toffer 

Ça fait qu’j’y ai menti : « J’suis vraiment désolé 
J’ai pas une cent sur moi » 
Elle m’a répondu « Merci quand même 
Passez une bonne soirée » 
Elle a traversé la rue 
Y’a un gars qui marchait de l’autre côté 
Elle a recommencé son histoire du début 
Mais ça paraissait dans sa face qu’y en avait rien à crisser 

Y’était 10h un soir, au mois de janvier 
Sur Ste-Catherine, coin St-Denis 
Y’a un punk qui me sollicite 
« Hey man, un peu de monnaie pour une bombe atomique? » 
J’ai pris le 2 piastres qui me restait 
Même s’il lui restait 2 jours à toffer 
J’y ai dit : « Bonne chance, fais-la sauter à ma santé !» 

CHACUN POUR SOI

On s’échange des regards féroces 
Les ponts s’écroulent entre les gens 
Quand les chefs de guerre bombent le torse 
C’est tant pis pour les innocents 
Pour ou contre, peu importe, c’est chacun pour soi 

Pris entre l’arbre et l’écorce 
Entre deux clans qui montrent les dents 
Quand deux chiens convoitent le même os 
C’est là que ça devient inquiétant 
Pour ou contre, peu importe, c’est chacun pour soi 

Nous autres on crève, tout le monde s’en sacre 
On a la chienne en tabarnak 
Les balles vont siffler bientôt 
Nous autres on crève, tout le monde s’en sacre 
On a la chienne en tabarnak 
Et la mort va déverser ses flots 

La peur se déchaîne en tempête 
On est noyés dans un bain de sang 
Le monde devient fou, y perdent la tête 
On exécute même les enfants! 
Pour ou contre, peu importe, c’est chacun pour soi 

Sauve qui peut 
Sauve qui peut 
Chacun pour soi 
Sauve qui peut 

Quoi faire de plus, que d’prendre ses jambes à son cou 
Quoi faire de plus, que d’se planquer au fond de son trou 
Quoi dire de plus, que : « chacun pour soi et sauve qui peut » 

Nous autres on crève, tout le monde s’en sacre 
On a la chienne en tabarnak 
Et la mort va déverser ses flots. 

HARPEUR

I feel you’ve been misinformed 
I know you’ve been lied to 
Either burn them or become them 
Well neither I can do 
You walk the streets and then suddenly 
They’re tapping your phones and they’re watching you 
The senate, the parliament, the prime minister 
They fill up with fear 
And then you have to pay 

Harper et la peur s’emparent de la nation 
Dans l’axe du mal, ils se mettent à contribution 
Il serait temps qu’ils comprennent qu’on est plusieurs millions 
À croire que Guantanamo, c’est pas la solution 

I can hear London call 
I can hear Montreal too 
Paris, Melbourne, Delaware, Gaza 
How does it feel to you? 
Feeling the weight of the world is like 
All the hate in the world is just blowing up 
No peace, mid east, mid America 
Fears stock went up last week 
And it’s twice that today. 

TAKE THE MONEY ENRON

À la gloire de la corporation 
La croissance dépasse la fiction 
V’là l’arnaque CRAC! Le chat sort du sac 
La bulle spéculative éclate 
Le Titanic coule, personne n’y échappe 

Les chiffres impressionnent 
On s’y abandonne 
Personne ne questionne 
Prenez, on vous l’donne : Take the money Enron 

Ah quel doux plaisir de nous mettre 
La poudre aux yeux et d’escampette 
Vous avez joué nos chemises, perdu au black jack 
Strip Poker sur le plancher du NASDAQ 
Le Titanic coule et personne n’y échappe. 

JEUNE VIEUX

Jeune vieux, jeune vieux tu m’ennuies 
Tu deviens beige, tu deviens gris 
Ton discours d’antan s’édulcore 
Une autre utopie qui prend le bord 

Jeune vieux, vieux jeune tu chavires 
Tu laisses la gauche pour t’enrichir 
T’adoptes le culte du développement 
La droite on le sait c’est plus payant 

Ton réalisme, attitude à-plat-ventriste, opportuniste 

C’t à croire qu’on est condamnés 
À jeter nos idées derrière pis à se ranger du bon côté 
À te croire t’étais condamné 
À convertir en REER, tes belles grandes valeurs dépassées 

Jeune vieux, jeune vieux tu jaunis 
Tu deviens faux, tu perds la vie 
Dans l’temps tu décriais haut et fort 
Ceux avec qui tu collabores 

Jeunes vieux, vieux jeune tu aspires 
Tu passes à droite pour réussir 
À force de monter tu condescends 
La gauche c’est fait pour les perdants 

Ton réalisme, attitude à-plat-ventriste, arriviste 

Jeune vieux, jeune vieux tu blanchis 
Jeune vieux, jeune vieux tu pourris. 

À MES FILLES

J’ai toujours eu des idéaux, nourri mes convictions 
Mais depuis que vous êtes là, on dirait que l’urgence monte le ton 
J’ai de plus en plus la frousse, de vous retrouver dans ce monde de fous 
J’ai peur, j’ai peur que mes bras comme armure ne suffisent pas 

Pourquoi des lingots d’hommes et de femmes qu’on met au monde 
Se retrouvent ainsi menacés à chaque seconde 
Les désaxés, les fanatiques, l’inertie des insouciants 
Mais comment ne pas frémir quand je pense que tout ça vous attend 

Le seul moyen que j’ai trouvé pour me sécuriser 
C’est de crier ma rage et sur mon drum de m‘défoncer 
En attendant que le baume s’efface de nos promesses 
J’vous jure de tout faire c’que j’peux, pour éviter qu’le bât blesse 

Je me shoote d’espoir, mais j’ai la lourde appréhension 
De mon regard d’adulte sous contentions 
Par la passivité du monde, sa vitesse et ses cons 
Ses résignés qui carburent aux « de toute façon » 

Si seulement on pouvait vous aimer gros comme la Terre 
Si seulement on faisait en sorte que vous puissiez vous y plaire. 

SOIS-BELLE ET TAIS TOI

Désensibilisés, on accepte sans questionner 
L’image qui nous est projetée 
Entre deux pubs de bière et de lessive 
Mise à nue pour vendre une paire de jeans 
Si la femme est libérée on s’acharne à l’exploiter 

Une image vaut mille mots 
La tienne parle dans ton dos 
Cliché après cliché 
Ton rôle t’est imposé 

La norme acceptée : la femme prête-à-consommer 
Sans respect, sans dignité 
Le public est anthropophage 
La viande mise en étalage 
Bien tendre, bien préservée 
Par la peur, l’insécurité 

Séduire l’homme, réduire la femme 
Logiquement la fleur se fane 
Pour être belle il faut souffrir 
C’est le régime qu’on fait subir 
Falsifiées, prostituées, continuellement rabaissées 
«Belle paire de fesses, belle paire de seins!» 
Ouvrez les yeux, fermez les poings! 

LEÇON DE DÉMOCRATIE

La délégation est arrivée hier soir 
Ils ont bloqué ma rue 
J’ai compté dix limousines noires 
La tentation est grande pour notre pays sans le sou 
D’écouter leur discours, de baisser les yeux et d’y croire 

Mais... 
Ils viennent de si loin, ils ne nous connaissent pas 
Voilà qu’ils promettent de nous sortir du trou 
Solution facile : signez ce contrat 
Cessez de vous débattre, vous n’avez pas le choix 

Ils sont officiers et diplomates, croisés de la libre économie 
Côte-à-côte, des kakis et des cravates nous donnent des leçons de démocratie 

J’ai entendu dire qu’au pays de la liberté 
La vie démocratique n’est pas comme on me l’a présentée 
Souvent la justice est noyée sous des billets verts 
Souvent la politique survit sous escorte policière 

Et... 
Ils viennent de si loin, ils ne nous connaissent pas 
Voilà qu’ils promettent de créer des emplois 
Solution facile : signez ce contrat 
À vous de m’le dire, est-ce que j’ai l’choix? 

Ils sont officiers et diplomates, croisés de la libre économie 
Côte à côte, des kakis et des cravates nous donnent des leçons de démocratie 
Dont nous ne voulons pas! 

MALOCERVO

L’annonce me décourage 
On tombe d’un autre étage 
Ça dépasse l’imagination, mais le tonneau a un double fond 
On nous prend pour des caves 
Ma honte prend un octave 
Il faut faire attention ( bis ) 

À prendre les gens pour des idiots 
Ils finissent par porter le chapeau 
J’veux pas être misanthrope mais c’en est trop 
Ces temps-ci j’ai mal au cerveau 

L’ignorance cultivée 
On l’engraisse au fumier 
Hourra! C’est la consécration 
En ligne pour la consommation 
Médiocre mais juste assez 
Mauvais goût mais sucré 
Il faut faire attention ( bis ) 

Jean-Pierre du fond de sa shop, observe et soliloque 
Il faut faire attention 
On nous bombarde de bêtises 
Mon intelligence est en crise 
Il faut faire attention 
J’en perds mes cellules grises 
Quand je pense on me méprise 
Il faut faire attention! ( bis ) 

REPOSE EN PAIX

A l’ère du progrès 
Le monde tourne et travaille sous pression 
Le stress comme seule motivation 
Entre le rendement, la productivité, l’ambition 
Zigzague lentement l’aliénation 

Dites-moi jusqu’où ça va aller? 
On court pourquoi? Pour qui? De quel côté? 
Non mais vous êtes-vous juste regardés? J’ai rien à prouver 
Câlisse laissez-moi respirer 

C’est avec le temps que j’ai 
Hypothéqué ma santé mentale 
Il me semble qu’il y a quelque chose d’anormal 
Et si je refusais de vivre ma vie à me tuer au travail 
Repose en paix, ça m’est égal! 


PROCHAIN SPECTACLE

| Autres spectacles |

NOUVEL ALBUM

Repose en Paix

LISTE D'ENVOI

MAP Space